Michael Praetorius (1572-1621)

Auch auff Orgeln
un art de la transcription, entre Renaissance et Baroque

Motets et danses
transcriptions de Johann Woltz (1617), Jean-Charles Ablitzer et Friedrich Wandersleb

Jean-Charles Ablitzer - orgue Esaias Compenius 1610 - Frederiksborg

Michael Prateorius, O lux beata Trinitas, 1er verset
   

Michael Prateorius, Danses de Terpsichore - Passameze
   

Michael Prateorius, Danses de Terpsichore - Bransle gay (orgue et cornet)
   


«Sa sonorité si étrange, douce, subtile et délicate ne saurait en vérité être décrite.»

Michael Praetorius, Syntagma Musicum, 1619

L’orgue du château de Frederiksborg est l’unique ouvrage qui nous reste de Esaias Compenius (1560-1617), ami de Michael Praetorius qui l’avait attiré à la cour du duc Heinrich Julius de Braunschweig-Lüneburg, évêque d’Halberstadt et grand protecteur des arts. Construit pour le château de Hessen (près de Wolfenbütell), de 1605 à 1610, il fut transféré au château de Frederiksborg en 1617 par Compenius lui-même. Cet instrument mythique, unique pour son état de conservation et l’originalité de sa conception, est d’abord un meuble plein de charme, délicieusement proportionné, avec des tuyaux recouverts d’ivoire incrusté d’ébène et des tirants de registres en argent massif qui affectent la forme de têtes humaines ou animales. C’est ensuite un bijou sonore, dont tous les tuyaux sont en bois. Les mouvements mécaniques sont conçus avec une économie de moyens et une ingéniosité dont l’efficacité force l’admiration. Il fait chanter 27 jeux, répartis sur deux claviers et un pédalier.

Jean-Charles Ablitzer, après avoir révélé l’intégrale de l’œuvre d’orgue de Michael Praetorius (Pro organico), revient à ce père fondateur de la musique baroque allemande en illustrant une pratique usuelle à la Renaissance et au début du XVIIe siècle. Pour les organistes contemporains de Michael Praetorius, la transcription représente le «pain quotidien». Les compositeurs de cette époque écrivent une polyphonie dont l’utilisation est libre et multiple, même si sa destination première, vocale ou instrumentale, est évidente et précisée.

Ainsi, dans la préface de son Musae Sionie, Michael Praetorius écrit : «… En outre, de telles compositions polyphoniques pour chœur (variatio per Choros) peuvent aussi se jouer sur les orgues (auch auff Orgeln)… en alternant sur deux ou trois claviers, de façon très agréable et délicate, non seulement pour la satisfaction des savants ou musiciens de profession, mais également pour le plaisir de tous les auditeurs de l’assemblée chrétienne… Je veux espérer que ces pièces ne serviront pas qu’aux cantors et chanteurs mais aussi aux organistes et instrumentistes qui ne voudraient pas prendre en charge eux-mêmes un semblable travail de composition».

Célébrant les retrouvailles du duc Heinrich Julius, du maître de chapelle Michael Praetorius et du facteur d’orgues et d’instruments Esaias Compenius, ce programme conçu dans la liberté offerte par la transcription perce le secret de cet orgue magique, véritable «laboratoire sonore».

Porté par un projet éditorial de grande qualité, cet enregistrement apporte un éclairage essentiel sur la pratique et l’univers sonore de l’orgue en Allemagne centrale à l’aube du Baroque. La rencontre entre une musique d’une beauté inouïe et une œuvre d’art universelle… Une réalisation indispensable !

Jean-Charles Ablitzer à l’orgue historique Esaias Compenius (1610)
du château de Frederiksborg (Danemark)

William Dongois, cornet
Christian Wegmann, ténor

1 CD digibox / livret de 54 pages en quadrichromie - total time 69’48
commentaires en français, anglais et allemand


enregistrement réalisé avec le soutien du Conseil régional de Franche-Comté et de la BNP Paribas

Sortie juin 2009

photo : orgue historique Esaias Compenius (1610) - château de Frederiksborg (Danemark)




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